Une étude souligne l'importance du secteur financier à Bruxelles

11/12/2014

Menace de rétrogradation pour la métropole bruxelloise jusque-là dans le peloton de tête 

Bruxelles se trouve sur la deuxième marche du podium des trois capitales européennes les plus florissantes. Ceci ne veut pas dire pour autant que l'évolution économique de notre capitale soit garantie. Ces 10 dernières années, pas moins de 8 autres métropoles ont progressé plus rapidement que Bruxelles en termes de PIB par habitant.

Evolution alarmante à cet égard, l'économie numérique décline. Alors que la croissance moyenne a été de 3% entre 2002 et 2012, et pour les régions les plus florissantes même de 8%, Bruxelles a connu une contraction de plus de 1%. C'est ce qui ressort de l'étude de l'institut d'enquête suisse BAK Basel.

Sonnette d'alarme

Dans son étude demandée par Brussels Metropolitan, BAK Basel tire la sonnette d'alarme pour deux secteurs : l'économie numérique mais aussi le secteur financier.

Economie numérique

Contrairement aux autres régions passées à la loupe, l'économie numérique n'a pas progressé mais bien chuté de plus de 1%. Cette tendance négative déconnecte Bruxelles du reste de l’Europe. Les autres métropoles ont enregistré en moyenne 3% de croissance avec des pics allant jusqu'à 8%.

Le fait que la Région de Bruxelles–Capitale récolte de mauvais résultats dans le domaine de l'économie numérique est toutefois un phénomène relativement récent. L'enquête réalisée en 2006 par cette même BAK Basel avait montré que Bruxelles était alors toujours en croissance. Une contraction de 30% dans le secteur des télécoms entre 2005 et 2010 a toutefois eu un impact négatif sur l'ensemble de l'économie numérique.

Secteur financier

En ce qui concerne le secteur financier, l’on constate que celui-ci est essentiel pour l'activité économique à Bruxelles. Il représente en effet 12% de cette activité. Les seules métropoles où ce pourcentage est plus élevé sont Londres et Dublin. Au cours de la dernière décennie, le secteur financier bruxellois a toutefois connu plus de difficultés que les autres régions pour enregistrer de la croissance.

A Bruxelles, cette croissance a été de 1,7% alors que la moyenne en Europe s'élevait à 2,9%. Cette évolution n’est pas non plus anodine en termes d’impact sur l’emploi. Dans l'ensemble des régions, l’emploi a ainsi progressé de 0,2%, alors qu'à Bruxelles, le nombre d'emplois dans le secteur financier a diminué de 1,4%.

Dans un article du De Tijd, Martin Eichler (BAK Basel) et Alain Deneef (Brussels Metropolitan) ont expliqué que Bruxelles devait investir davantage dans l’emploi dans l'économie numérique et le secteur financier. “Chaque nouvel emploi pour une personne hautement qualifiée dans le secteur numérique et financier peut représenter deux nouveaux emplois pour des personnes moins qualifiées dans le secteur du tourisme ou de la logistique ”, déclarent-ils.

PIB

En termes de création de PIB, Bruxelles occupe une belle seconde place dans la liste des métropoles européennes les plus florissantes. La métropole n'est précédée que par la seule ville de Londres. La capitale française occupe la troisième position. Contrairement à Londres et à Paris, Bruxelles aura toutefois plus de difficultés à conserver cette position.

Huit capitales européennes ont progressé sur une période de 10 ans (entre 2002 et 2012) plus vite que Bruxelles en termes de PIB par habitant. Londres et Paris font partie de celles-ci, mais aussi Stockholm, Dublin, Helsinki, Berlin, Madrid et Lyon. Cette évolution s’explique par la forte croissance de la population (1,2%).

En combinaison avec une croissance économique de 1,4%, cela donne un PIB par habitant de seulement 0,2% et une croissance qui peine à dépasser l'accroissement de population.

Vous trouverez de plus amples informations sur l'étude en question sur le site de Brussels Metropolitan.

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