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Je commande un livre en ligne et je paie avec mon smartphone. En un clin d’œil, c’est fait. Les merveilles de la technologie.
Karel Van Eetvelt
CEO Febelfin

Lundi 8 avril 2019

Je l’avoue, jusqu’à présent, j’avais toujours du liquide sur moi. Juste au cas où. Parce qu’on ne sait jamais. Jusqu’à aujourd’hui. En pleine préparation du Digital Payment Day, mon service communication a eu la grande idée de m’utiliser comme cobaye : j’allais passer une semaine sans argent liquide. Eh bien, pourquoi pas ?

Donc : pas de billets dans mon portefeuille. Pas de monnaie en poche.

Je vais devoir m’en sortir avec ma carte de débit, ma carte de crédit et mon smartphone. Je le reconnais : ça me semble un peu inconfortable. Et c’est logique, après tout, nous payons avec l’une ou l’autre forme de monnaie depuis plus de 7.000 ans. Mais nous sommes en 2019, je vis et je travaille en Belgique, au cœur de l’Europe. Les paiements digitaux ne peuvent pas être un problème.

Je fais le test. Dans un café local, je paie mon café du matin sans contact, avec mon smartphone. So far, so good. Pas de problème non plus à midi. Comme toujours, je règle facilement un lunch rapide avec ma carte de débit. Le soir, je vais chercher ma commande chez Delhaize et, là aussi, je paie avec ma carte bancaire. Le jour 1 se termine. Tout s’est bien passé.

Mardi 9 avril 2019

La première fois que j’ai entendu quelqu’un parler de vivre sans argent liquide, c’était lors d’un événement à Londres, il y a environ sept ans. Ajay Banga, le CEO de Mastercard, avait parlé des avantages des paiements digitaux et des « problèmes » liés à l’argent liquide. Le liquide, c’est anonyme. Et c’est pourquoi, malheureusement, il est bien trop souvent utilisé par des gens avec de mauvaises intentions comme les dealers, les trafiquants d’armes... Sans espèces, tout cela serait beaucoup plus difficile.

Et puis, il y a un côté un peu sale à l’argent liquide, avait déclaré Banga : vous ne savez pas entre les mains de qui il a traîné ; c’est une source de bactéries et de germes... A l’époque, j’avais trouvé qu’il exagérait franchement. Mais cette semaine, je n’aurai pas un centime en poche. Les bactéries dont il parlait ne m’atteindront donc pas.

En route pour Bruxelles, je m’arrête dans une station-service. Je fais le plein comme toujours avec ma carte-carburant. Je sens la faim monter et je vais vite chercher un petit pain et un café fort au magasin de la station-service. Je le paie avec ma carte de débit sans taper mon code. Sans contact. C’est facile et c’est aussi un peu plus rapide. Un gain marginal utile, dirait l’équipe Sky.

Sur le chemin de mon rendez-vous, j’entre chez un marchand de journaux pour acheter le Humo et De Tijd. Malheureusement, impossible de payer par voie électronique. Euh... Qu’est-ce qu’on fait alors ? Le commerçant me suggère de d’abord aller chercher de l’argent à un guichet automatique, puis de revenir. Mais, bon, ça va à l’encontre de mon défi de vivre sans argent liquide... Sans solution, je quitte le magasin, sans Humo et sans journal. Dommage, un premier revers pour moi (et le commerçant) pendant mon épreuve.

Mercredi 10 avril 2019

C’est les vacances de Pâques et aujourd’hui, je travaille à la maison. Bornem n’est pas Bruxelles, mais je suis sûr qu’ici aussi, je passerai la journée sans argent liquide ! La matinée passe vite. Je suis juste troublé par le bruit de l’aspirateur,

le gazouillement des oiseaux (le soleil brille, enfin !) et par mon plus jeune, qui jacasse et sautille joyeusement dans mon bureau : il a besoin de mon doigt pour télécharger (et payer) un jeu sur l’iPad. Moins d’une seconde plus tard, je suis 1,99 euro plus pauvre et mon fils, le roi du monde.

Je continue à travailler, je fais un peu d’administration et je règle rapidement quelques factures en attente via mon application bancaire. Le livre sur la méditation de Steven Laureys, vu dans Knack, me revient à l’esprit et je m’empresse de le commander sur standaardboekhandel.be. Je paie avec mon smartphone, en utilisant un QR code. En un clin d’œil, c’est fait. Les merveilles de la technologie.

En début d’après-midi, j’ai une heure de temps libre. Parfait ! J’enfile mes baskets et en route vers le parc. Au petit trot. J’ai laissé passer un peu trop de temps depuis la dernière fois. Mes jambes me le disent. A la fin, je m’arrête au supermarché du coin pour acheter une boisson énergétique (délicieuse après ce parcours), et je paie encore sans contact. Bien pratique en ce moment précis !

Le soir, j’ai rendez-vous avec mon épouse à Anvers. D’abord, nous prenons un apéritif sur une terrasse (chauffée). Je paie l’addition avec mon smartphone, via un QR code sur le ticket de caisse. Puis nous dînons dans notre restaurant vietnamien préféré, où je règle avec ma carte de crédit. Et heureusement, ma femme - avec son esprit pratique - a pensé à prendre de l’argent dans son sac à main pour le pourboire. En principe, je pourrais aussi le payer par carte, mais pour le serveur, ce serait ensuite peut-être compliqué ?

Jeudi 11 avril 2019

Tôt le matin à Bruxelles pour un petit-déjeuner de travail sur l’Avenue Louise. C’est mon interlocuteur qui m’invite (avec sa carte de crédit), je paie au parcmètre en envoyant un SMS à 4411. Rapide et efficace, donc.

Puis, direction le bureau, pour une journée pleine de réunions et une interview. 

Pas vraiment le temps pour un déjeuner complet. Alors, au coin de la rue, je m’achète en vitesse une salade. Je paie rapidement les 9,75 euros sans contact, avec ma carte de débit. Je ne comprends pas vraiment pourquoi les gens ne sortent pas leur carte pour de petits montants. C’est convivial, rapide et sûr. Maintenant que j’y pense, je me promets de continuer à l’avenir à limiter mon utilisation d’espèces aux mini-montants, pour les pourboires, les musiciens de rue et le trolley chez Delhaize.

Il est plus de 20 heures quand je gare ma voiture à Bornem. Du repos, enfin ! Quoique ? A la maison, une discussion père-fils m’attend. Il vient de créer une entreprise informatique. Il est à la recherche d’une solution de paiement adaptée à ses clients en ligne. Bien sûr que je vais lui apporter mon aide !

Vendredi 12 avril 2019

Dernier jour de la semaine avant l’Enfer du Nord, le fameux Paris-Roubaix. 

Ou mieux : une demi-journée de travail. Je suis à nouveau au bureau un peu plus tôt (moins d’embouteillages car c’est les vacances) pour une discussion avec mes collaborateurs.

A 13 heures, je file comme un lapin (de Pâques), pour entamer le week-end sportivement, avec quelques amis cyclistes. Au programme : un tour récréatif dans la province de Brabant flamand. Nous nous arrêtons au café où je dois malheureusement compter sur la bonne volonté de mes amis pour m’offrir une bière bien méritée. Pour l’instant, le café ne se laisse pas tenter par « toutes ces choses modernes » comme les cartes de paiement et les applications. Pas grave, mes amis me devaient de toute façon quelques verres.

En début de soirée, nous allons avec notre cadet au cinéma où Dumbo nous attend. Je réserve les billets et paie en ligne, avec mon smartphone, pour respecter mon engagement. Ai-je d’autres choix, vu le défi de la semaine ?

Bien sûr, je ne peux pas quitter le parking après le film sans un petit paiement électronique. Et c’est ainsi que se termine mon challenge digital.

Je dois le dire, j’ai trouvé que c’était une expérience réussie ! Vivre sans argent liquide, c’est très largement possible. Parfois, l’argent liquide de mon épouse ou de mes amis est venu bien à point, mais pour de menus montants. Et donc, je me suis promis qu’à l’avenir, j’allais certainement payer davantage de manière digitale - surtout pour les petits montants - et (beaucoup) moins en espèces. Car le paiement digital, quoi de plus normal ?

A propos de Karel Van Eetvelt

Karel Van Eetvelt est CEO de Febelfin depuis 2017. Il est marié, a trois enfants (deux dans la vingtaine et un petit espiègle de quatre ans) et vit avec sa famille à Bornem.

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