5 min de lecture
Vrouwendag

Depuis plus de cent ans, le 8 mars est placé sous le signe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Chaque année, cette journée est l’occasion de faire un bilan des luttes des femmes. Ces dernières doivent, aujourd’hui encore, combattre de nombreux obstacles qui entravent leurs ambitions et besoins. Ils existent pourtant de multiples façons d’agir et de faire tomber ces barrières. L’une d’entre elles est l’initiative Inclusive Panels. Celle-ci met l’accent sur la visibilité des femmes en tant qu’expertes et encourage leur présence dans des panels aux sujets divers.  

Un panel réussi ne doit pas simplement rassembler les experts les plus connus. Pour obtenir un débat passionnant et utile, la tendance naturelle est en effet d’inviter les « meilleurs » experts, sous-entendu les experts « les plus visibles ». Dès lors, il devient presque impossible de juger la qualité d’oratrices expertes qui ne sont que rarement, voire jamais invitées. Des talents restent ainsi sous le radar. Toutefois, en étant plus divers et inclusif, le panel devient plus intéressant.  

La diversité a en effet de nombreux avantages. Des études démontrent que celle-ci renforce l’intelligence collective. Un panel est justement, par définition, un outil d’intelligence collective. L’objectif final est d’obtenir le partage d’expériences, de visions, de recommandations de différents experts autour d’un thème précis.  

Tout panel bénéficie fortement de la diversité de ses membres : le mélange d’hommes et de femmes apporte des expériences de vie distinctes donc des perspectives différentes ; le mélange des générations, particulièrement indispensable au vu du changement de plus en plus rapide de la société ; mais aussi le mélange d’origines et de cultures, qui lui aussi, apporte une plus-value indéniable. 

De même, l’expertise est bien plus qu’une acquisition linéaire de connaissances. C’est aussi la somme des obstacles ou des préjugés auxquels une personne a dû faire face, les difficultés rencontrées, les erreurs commises. Ce sont elles qui vont façonner la vision de la réalité et les solutions que cette personne peut apporter. Anaïs Nin, une écrivaine franco-américaine, l’illustrait parfaitement bien : « On ne voit pas les choses comme elles sont. On les voit comme nous sommes. » 

Un autre avantage est l’existence de « role models ». Ceux-ci sont essentiels pour permettre aux jeunes de construire leur perception du monde et d’envisager leur propre futur. Cela commence inconsciemment avec les héros de dessins animés ou des livres pour enfants, et cela se poursuit ensuite avec les célébrités et les modèles proposés par les médias. Tout au long de notre vie, ce sont les femmes et les hommes leaders et reconnus comme experts qui nous inspirent en nous permettant de nous identifier. Pour progresser, pour oser afficher son ambition de devenir soi-même une personne de référence, il faut pouvoir s’imaginer dans ce rôle. Si les experts qui se succèdent lors des conférences ou dans les médias sont tous des hommes blancs de plus de 45 ans, il est plus difficile à toutes celles et à tous ceux qui ne rentrent pas dans ce moule de simplement s’imaginer devenir expert ou experte.   

Une étude récente met d’ailleurs en lumière le faible pourcentage de questions posées par les femmes lors des conférences scientifiques. Si le panel est uniquement masculin, seules 9% des questions proviennent de femmes de l’assistance, contre 25% des questions lorsque le panel est mixte. Par conséquent, si nous voulons impliquer le plus de personnes possibles dans le débat, la diversité est une première étape primordiale. 

Enfin, des panels divers répondent aussi aux souhaits de la société. Les résultats d’une enquête de ProFacts en 2020 sont clairs : 90% des participants belges ont déclaré préférer des panels mixtes et divers. De plus, les répondants ont réalisé un lien clair entre mixité des panels, éthique et innovation. 

Bref, ce sont là des raisons suffisantes pour passer à l’action et œuvrer pour plus de diversité dans les panels. L’initiative Inclusive Panels offre à cet égard une vue d’ensemble des bases de données existantes où l’on peut trouver des experts et expertes les plus appropriés. En outre, l'initiative est aussi inscrite dans une Charte qui contient un engagement concret : les signataires (entreprises et particuliers) prêteront systématiquement attention à une composition diversifiée des panels. La Charte et les bases de données peuvent se retrouver sur le site www.inclusivepanels.be.  

En conclusion, cette journée du 8 mars est l’occasion idéale de mettre en lumière l’importance de la diversité et de l’introduire dans tous les débats, à tous les niveaux. Et ce, dans l’intérêt de tous et toutes.  

go to top